Face aux crises qui fragilisent l’agriculture, les réponses individuelles ne suffisent plus. Dans l’État du Bihar, en Inde, des paysan·nes montrent qu’une autre voie est possible : faire réseau pour renforcer la résilience des paysan·nes et accompagner la transition agroécologique.
Un isolement qui fragilise durablement les paysan·nes
Entre 1995 et 2015, 318 528 paysan·nes indien·nes se sont officiellement donné·es la mort, la plupart en avalant des pesticides. (source : Vidarbha Jan Andolan Samiti). Aujourd’hui, être paysan·ne signifie souvent faire face seul·e à de multiples difficultés : pression des marchés, aléas climatiques, revenu agricole faible. Cet isolement fragilise les conditions de vie et limite les capacités d’adaptation.
Ce constat s’inscrit dans une dynamique plus large : le système agricole dominant productiviste ont délité les solidarités paysannes, au profit de logiques individualisées et concurrentielles.
Faire réseau : une réponse concrète et structurante
Dans le Bihar, des paysan·nes membres du mouvement Regenerative Bihar, soutenu par SOL, font le pari inverse : face aux crises, la réponse est collective.
Pour illustrer cette approche, les paysan·nes mobilisent l’image du mycélium : le réseau souterrain de filaments fongiques qui relie les plantes, redistribue les ressources et soutient les organismes les plus fragiles.
Cette image permet de penser autrement les dynamiques paysannes : non pas comme différentes fermes isolées, mais comme un système d’interdépendances. Ce qui affecte l’un·e a des répercussions sur les autres, mais ouvre aussi des possibilités de soutien et d’adaptation collective.
Des espaces concrets pour échanger, apprendre et coopérer
Faire mycélium pour les paysan·nes se fait notamment par la mise en place de centre de connaissance et de pratiques agroécologiques : des espaces tenus par et pour des paysan·nes, conçus pour favoriser l’apprentissage collectif et le partage d’expériences.
Depuis mai 2025, 15 centres ont été créés dans 10 districts du Bihar couvrant des thématiques clés : agriculture biologique, agroforesterie, valorisation de variétés indigènes, semences paysannes ou écopreneuriat.
Ces centres permettent de :
- favoriser l’apprentissage entre pairs
- partager des pratiques agroécologiques
- renforcer les solidarités locales
Des résultats concrets au service des paysan·nes
Concrètement, cet « effet mycélium », se traduit déjà sur le terrain avec :
- 1 002 paysan·nes formé·es, dont 532 femmes
- 57 sessions de co-création organisées
Ces espaces d’échange permettent de croiser savoirs locaux et connaissances techniques, et de co-construire des solutions adaptées aux réalités des territoires.
Les paysan·nes formé·es deviennent à leur tour des relais : ils et elles transmettent ce qu’ils ont appris à leurs voisin·es, familles, ami·es paysan·nes. Les savoirs circulent de proche en proche et les pratiques se diffusent progressivement au-delà des premiers groupes formés.
Au-delà des formations, ces dynamiques contribuent à revaloriser le rôle des paysan·nes, à la fois socialement et économiquement. Reconnaître leurs savoirs, renforcer leur capacité d’action collective et soutenir des revenus dignes sont des conditions essentielles pour construire des systèmes agricoles durables.
Faire réseau pour renforcer la résilience
À l’image du mycélium, ces réseaux constituent un socle essentiel pour faire émerger des systèmes agricoles plus justes, durables et résilients. Une démonstration concrète que la transformation des systèmes agricoles se construit d’abord par le lien entre les personnes, entre les savoirs, entre les territoires.
Soutenir les réseaux paysans agroécologiques
Faire un don à SOL, c’est contribuer concrètement à :
- développer les réseaux paysans
- former des paysan·nes à l’agroécologie
- accompagner des dynamiques collectives de résilience
- renforcer la souveraineté alimentaire des territoires
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