Nous l’avons (encore) rappelé à l’occasion de la sortie de notre rapport avec le Réseau Action Climat “Qui nous nourrira en 2035 ?” : le renouvellement des générations agricoles est une urgence nationale. D’ici 10 ans, la moitié des agriculteur·rices partiront à la retraite et un tiers des retraité·es n’est toujours pas remplacé.
C’est pour éviter de se retrouver dans une France à 270 000 agriculteur·rices (contre 412 000 aujourd’hui), avec des fermes encore plus grandes et des pratiques agricoles toujours plus industrielles que SOL se bat depuis des années pour faciliter l’installation agricole, notamment des nouveaux profils de paysan·nes.
→ Point d’étape sur les évolutions en cours au niveau de la politique nationale d’installation- transmission, sur lesquelles SOL se mobilise activement.
SOL, nouveau membre du CNIT
La mobilisation et la contribution de SOL aux réflexions sur la mise en place de parcours d’accompagnement à l’installation adaptés à la diversité des besoins a été officiellement reconnue dans un décret publié en septembre, qui acte notre intégration au Comité National d’Installation Transmission (CNIT).
Cette décision couronne une décennie d’engagement de SOL en faveur de l’amélioration des conditions d’installation de nouveaux profils d’agriculteur·rices, au service du renouvellement agricole et de la transition écologique.
Le CNIT est l’instance nationale qui “propose, anime, suit et évalue une stratégie nationale de la politique d’installation et de transmission” (code rural). En siégeant dans cet espace, nous poursuivrons cet engagement, aux côtés des autres associations d’accompagnement.
France Services Agriculture : un nouveau parcours national d’accompagnement à l’installation
La Loi d’orientation agricole de 2025 a prévu la création de France Services Agriculture, le nouveau dispositif encadré par l’Etat pour l’accompagnement à l’installation et à la transmission. Son lancement est prévu en 2027 et depuis plus de deux ans, SOL participe aux discussions concernant son cadrage et sa mise en œuvre.
Ce nouveau parcours est particulièrement attendu : il doit permettre d’accompagner plus de porteur·ses de projet agricole, à un stade bien plus précoce que ce que permet le parcours national aujourd’hui, ce dont ont besoin les personnes qui cherchent à s’installer sans être issues du milieu agricole. Le schéma ci-dessous, présenté dans le Rapport “Qui nous nourrira en 2035 ?”, rédigé par SOL et le Réseau Action Climat, précise les contours de ce nouveau parcours :
Un décret qui menace la neutralité et le pluralisme dans l’accompagnement des futur·es agriculteur·ices
SOL et la coalition Installons des Paysans avaient obtenu que la Loi assure la représentation de l’ensemble des acteurs associatifs de l’accompagnement à l’installation. En d’autres termes, que chaque futur·e agriculteur·ice ait connaissance, de manière exhaustive, de toutes les structures d’accompagnement existantes avant de faire son choix.
Selon nos associations, les derniers décrets publiés par le Ministère de l’Agriculture posent un cadre trop ambigu pour garantir pleinement ce pluralisme. Ils pourraient par exemple conduire certains Point d’Accueil Départemental Unique (le guichet unique pour l’installation des nouveaux agriculteur·ices et la transmission des exploitations agricoles) à ne pas présenter toutes les structures d’accompagnement existantes aux futur·es agriculteur·ices
Cela constituerait pourtant une condition essentielle du pluralisme et de la neutralité exigés par la loi.
C’est ce que nous dénonçons dans notre Communiqué de presse diffusé le 22 septembre.
Les dispositifs de formation pratique, grands absents de la réforme
Par ailleurs, le Ministère de l’Agriculture se refuse toujours à prévoir des mesures concrètes pour garantir la pérennité et l’accessibilité des nombreux accompagnements et formations qui existent au-delà de ce que prévoit France Services Agriculture. Ces dispositifs sont pourtant tout aussi essentiels que les quelques heures de conseil qui seront proposées via France Services Agricultures.
C’est notamment le cas de la formation pratique : alors que le parcours actuel prévoit le conventionnement de stages agricoles dans certaines circonstances (trop restrictives), les informations à date laissent entendre que plus aucune solution d’accès aux stages agricoles ne sera encadrée par l’Etat.
Pourtant, l’expérience de SOL qui propose un compagnonnage paysan sur plusieurs territoires en France pour permettre aux candidat·es à l’installation de se former sur le terrain et d’être accompagné·es dans leurs réflexions par un·ne tuteur·rice, montre que la formation pratique est cruciale pour la réussite des projets et leur pérennité après l’installation.
La mobilisation continue : budget, politique agricole commune, politiques régionales
Par ailleurs, SOL et ses partenaires attendent la présentation du projet de loi de finances le 1er octobre 2027 pour connaître les moyens que l’Etat prévoit pour la mise en œuvre de sa politique d’installation-transmission. À ce jour, aucune information n’a filtré mais tout laisse entendre que ceux-ci seront largement en dessous des besoins, évalués par la coalition Installons des paysans à 100 millions supplémentaires pour 2027.
Dans le même temps, nous restons également mobilisés, avec le Collectif Nourrir, pour que la prochaine PAC améliore les conditions de soutien à l’installation, en élargissant les profils éligibles aux aides à l’installation et en finançant l’accès à certains dispositifs de formation.
Enfin, le travail se joue aussi en Régions puisque les conseils régionaux peuvent également prendre des décisions en faveur de l’installation. SOL poursuivra donc le dialogue amorcé avec la Région Occitanie sur le déploiement du compagnonnage paysan et la reconnaissance de l’ensemble des dispositifs complémentaires à FSA.




