Apprendre l’autonomie paysanne au contact de celles qui la font

Chaque année, SOL intervient dans des établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes aux enjeux de notre système agro-alimentaire, ses limites et ses alternatives. Ces ateliers s’inscrivent dans une démarche d’éducation populaire : nous voulons que les jeunes soient dans l’action et puissent exprimer leurs émotions face à ce qu’ils et elles comprennent

Cette année, SOL est intervenu au lycée agricole d’Auzeville auprès d’une classe de 2ème année du BTS ACSE (Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise agricole), afin de faire découvrir l’autonomie paysanne à travers la place des femmes en agriculture, en France et à l’international.

Découvrir d’autres modèles agricoles via l’interculturalité

Au lycée d’Auzeville, les élèves sont en grande majorité issus du monde agricole. En abordant les notions d’autonomie paysanne et de souveraineté alimentaire, et en croisant les réalités locales avec celles d’autres pays, notamment le Sénégal et l’Inde, où SOL mène des projets avec des associations partenaires, l’objectif est d’ouvrir des perspectives et de faire des ponts vers d’autres modèles de production. À l’aide d’outils pédagogiques (bande dessinée, jeu des chaises, photolangage), les élèves découvrent les interdépendances entre le Nord et le Sud global, les principes de l’agroforesterie et l’importance des semences paysannes. 

Chez SOL, nous dénonçons, mais nous montrons avant tout des exemples inspirants issus d’expériences de terrain. La visioconférence avec Slish Kumari et ses collègues paysan·nes de l’association Regenerative Bihar, partenaire de SOL en Inde, en est un bon exemple : les élèves y ont découvert des points communs avec des agriculteurs et agricultrices à l’autre bout du monde. 

Ils et elles ont également pu observer la mise en œuvre concrète de l’agroécologie en visitant la Ferme des Arbolèts, membre du réseau de fermes du Compagnonnage Paysan. La rencontre avec Noémie Calais, éleveuse de porcs noirs, a été l’occasion de partager aux élèves ses pratiques agricoles et son parcours en temps que femme dans un milieu encore très masculin.

“Je pense que c’est important de développer l’autonomie en mettant en place différentes solutions sur nos exploitations (diversification, agroforesterie, circuits courts etc).”

Élève en BTS ACSE 2ème année, lycée Toulouse-Auzeville



Prendre conscience des inégalités auxquelles les agricultrices sont confrontées

Cette année nous avons choisi d’évoquer ces sujets à travers le prisme des inégalités en agriculture. Malgré leur contribution essentielle, le travail des agricultrices est encore peu valorisé et de fortes inégalités persistent : manque d’accès au foncier et aux crédits, partage des revenus inéquitables, outils agricoles conçus pour un gabarit masculin, absence de représentation dans les cercles de décision… C’est justement l’objet de notre nouveau jeu de cartes :  il permet de questionner et comprendre ces inégalités et le rôle des agricultrices dans l’agroécologie et l’autonomie paysanne. Découverte marquante : celle des droits tardifs acquis par les agricultrices françaises comparé aux agriculteurs.

La projection du documentaire Femmes des Terres, en présence d’une des réalisatrices, Soïzic Baumard, a marqué un dernier temps fort. L’occasion pour les élèves de transmettre à la classe de première année ce qu’ils et elles avaient pu apprendre lors des séances précédentes.

“Ce sujet m’a fait découvrir de nouvelles choses et aspects de la vie que je ne voyais pas. C’était très enrichissant pour la suite de mon avenir en tant que femme agricultrice.” 

Elève en BTS ACSE 2ème année, lycée Toulouse-Auzeville

Des graines pour plus tard 

Si ces ateliers ne visent pas à changer radicalement les habitudes des élèves, ils ouvrent les possibles. Les schémas de pensées évoluent avec le temps, et chaque étape compte : la première étant d’être informé·e, en particulier sur des sujets sensibles. Certain·es élèves vont se questionner, d’autres oublieront les détails mais se souviendront de ce qui les a choqués ou attristés. Pour celles et ceux qui s’installeront un jour, cela leur aura montré d’autres modèles à explorer. C’est ce que nous voulons : présenter des futurs désirables pour les jeunes et futurs professionnels agricoles. 

Un grand remerciement à Occitanie Coopération qui nous a permis d’intervenir au lycée Toulouse-Auzeville avec le dispositif Tandems Solidaires et à Slish Kumari, Noémie Calais, Soïzic Baumard et Marie-Pierre Vidou-Fayolle, enseignante porteuse de ce projet, qui sont autant de femmes qui ont rendu ces ateliers possibles. 

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