LE DROIT À L’ALIMENTATION : UN CADRE TRANSVERSAL ET STRUCTURANT , Une expertise collective au service du débat public
Le droit à l’alimentation est encore trop souvent réduit à une question d’aide alimentaire ou d’accès minimal à la nourriture. Pourtant, reconnu au niveau international, il constitue un cadre politique puissant, capable de relier justice sociale, transition écologique, santé publique et démocratie alimentaire.
C’est précisément cette ambition que porte le dernier numéro de la revue POUR, Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation, coordonné par le Collectif Nourrir. Chercheur·ses et organisations de la société civile y croisent analyses et expériences de terrain pour interroger les conditions concrètes de mise en œuvre de ce droit fondamental en France.
Dans ce numéro, SOL contribue à la réflexion collective à travers deux articles, qui abordent le droit à l’alimentation par deux entrées décisives mais souvent invisibilisées : le renouvellement des générations agricoles et les semences paysannes.
Sans paysannes et paysans, pas de droit à l’alimentation
Dans leur article, Salomé Le Bourligu et Clotilde Bato montrent que garantir le droit à l’alimentation suppose de s’intéresser à celles et ceux qui produisent notre nourriture. Les politiques agricoles menées depuis les années 1960 ont permis d’augmenter la production, mais au prix d’une chute massive du nombre d’agriculteurs et agricultrices, d’une concentration foncière et d’une spécialisation des cultures.
Or, une alimentation suffisante ne suffit pas : elle doit aussi être saine, diversifiée, accessible. À rebours du modèle dominant, une nouvelle génération d’agricultrices et d’agriculteurs – souvent hors cadre familial – développe aujourd’hui des projets agroécologiques, diversifiés et ancrés dans les territoires. Ces trajectoires contribuent directement au droit à l’alimentation, mais restent freinées par l’accès au foncier, des aides inadaptées et un manque de cohérence entre politiques agricoles et alimentaires.
Les semences, angle mort du débat alimentaire
Clémentine Antier, Maxime Schmitt interrogent dans un second article un autre pilier du système alimentaire : les semences. Loin d’être un simple intrant technique, le choix des semences conditionne la biodiversité cultivée, la résilience face aux crises climatiques, l’autonomie des paysans et la qualité de notre alimentation.
À partir d’études de terrain, l’article met en lumière un paradoxe fort : les agriculteurs et agricultrices expriment un intérêt croissant pour des semences reproductibles, adaptées localement et issues de la sélection biologique, mais se heurtent à des freins économiques, techniques et réglementaires. SOL y défend une transformation profonde des systèmes semenciers, fondée sur la diversité génétique, l’organisation collective et la reconnaissance des savoirs paysans.
Un même fil conducteur : rendre effectif le droit à l’alimentation !
Ces deux contributions convergent vers une même conviction : le droit à l’alimentation ne pourra devenir effectif sans une transformation structurelle de nos systèmes agricoles et alimentaires. De l’accès à la terre à la maîtrise des semences, il interroge les choix politiques, économiques et sociaux qui façonnent nos assiettes.
Pour approfondir ces analyses et découvrir l’ensemble des contributions à la revue, découvrez le numéro complet “POUR – Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation sur Cairn”.




