Avec Biofermes : Sauvons les espèces potagères et fruitières menacées

Chaque plante, chaque espèce vivante est un maillon de la chaîne alimentaire qui nous permet d’exister. Nous assistons actuellement à une extinction massive des espèces végétales, qui ébranle les fondements de la vie sur terre. La disparition accélérée des ressources génétiques tout comme la disparition des abeilles, menacent gravement l’équilibre des écosystèmes et à terme, l’existence même de l’humanité. Nous savons que de nombreuses espèces et des milliers de variétés comestibles agrémentaient autrefois les espaces de cueillette, les jardins et les tables familiales.

En quelques décennies seulement, les effets pervers de la pensée unique et de la monoculture industrielle ont compromis l’immense prodigalité dont la nature nous avait gratifié, en même temps que la régulation et la stabilité des climats sous l’influence bénéfique des végétations diversifiées…

Selon la F.A.O. 75 % de nos variétés comestibles ont disparu depuis le début du XXème siècle. C’est-à-dire entre 1900 et 2000.

Quelle est l’origine du problème ?

DSC_0032-300x199L’uniformisation, la standardisation de notre alimentation par les puissances industrielles et par nos modes de vie « hors-sol » ont anéantis en un siècle les variétés traditionnelles du règne végétal. Parallèlement elles ont éliminé les petits paysans qui avaient pour mission naturelle de les reproduire et de les conserver par leurs pratiques respectueuses des cycles éco-systèmiques.

De plus les grands monopoles qui se sont approprié le secteur stratégique des semences, dans le monde, manipulent les états pour créer des réglementations compliquées et coûteuses qui ne sont gérables que par eux seuls. Leur objectif est clairement d’empêcher les populations d’échanger librement les graines reproductibles traditionnelles et d’établir un marché captif pour leurs semences brevetées non-reproductibles ou F1. De plus pour des raisons de rentabilité, ces grands monopoles réduisent le nombre de variétés commercialisées et accélère l’effondrement général de la biodiversité.

À ce constat nous devons agir et réagir, car notre sécurité alimentaire et environnementale est menacée à court-terme.

Comment faire pour retrouver l’autonomie et la liberté de se nourrir simplement ?

1) Nous devons en premier lieu changer de modèle économique et changer les règles qui président au commerce des semences.

2) Puisque l’industrie semencière ne nous permet plus de produire et d’échanger librement les semences des milliers de végétaux qui ont accompagné l’évolution de l’humanité depuis ses origines, nous allons les diffuser à tous ceux qui voudront les multiplier pour eux-mêmes, leurs familles et leur cercle d’amis.

3) Nous allons également apprendre à tous ceux qui veulent entrer en résistance citoyenne, les secrets et les savoir-faire de la production de semences pour qu’ils puissent les multiplier eux-mêmes à l’infini, dans une vaste chaîne de solidarité et de coopération.

C’est le plus sûr moyen de faire barrage, tous ensembles, à l’uniformisation et à la dégradation de notre souveraineté et salubrité alimentaire. Actuellement celle-ci est sous l’emprise des puissances économiques qui veulent imposer à la planète leurs pesticides, leurs semences brevetées et leurs OGMs.

Nous devons multiplier nous-mêmes les « graines de vie » et les plantes que nous voulons préserver, échanger, et consommer librement.

Pour cela, rejoignons le mouvement BiofermesSOL et Intelligence Verte qui se sont donnés pour mission la réhabilitation de la biodiversité et la consécration d’une agriculture et d’une alimentation saines et durables, accessibles à tous.

Philippe DESBROSSES
Docteur en Sciences de l’Environnement
Expert consultant pour les agricultures alternatives.
Fondateur du Centre Pilote Européen de Ste-Marthe.