Apéro thématique : « Transition agricole… »

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Nous étions une cinquantaine lors de notre apéro thématique ce mercredi 27 avril 2016 dont le but était d’apporter des éléments de compréhension, de réponse et des témoignages concrets aux questions portant sur la transition agricole et la reconquête des territoires. Nous avons pu compter sur la présence de deux intervenants, qui de par leur synergie ont partagés leurs connaissances de manière enthousiaste. Ils ont abordés notamment les bénéfices des pratiques de l’agroécologie paysanne et la dynamique de partenariat qui contribuent à « refaire le monde », à construire autrement…
Silvia Pérez-Vitoria, économiste, sociologue et membre de La ligne d’Horizon – Les amis de François Partant, porteuse d’une parole documentée, claire et engagée sur les questions de « l’après développement » a ouvert le débat ; Olivier Lavielle, un des administrateurs du Réseau AMAP IDF et MIRAMAP et futur paysan boulanger, a ensuite témoigné à partir de son expérience au sein des AMAPs privilégiant la distribution en circuit court et agissant pour la revalorisation du travail des paysans dans nos sociétés.

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Dans un premier temps, Silvia Pérez-Vitoria explique, de manière efficace, en quoi l’agriculture industrielle et conventionnelle est un échec sur le plan social, économique et environnemental.

Elle démontre comment ce modèle d’agriculture, qui se veut, à tort, être celui qui rend la nourriture « accessible » a en réalité pour seul objectif le profit économique et non pas le désir de nourrir de manière juste et saine l’humanité. De plus cette agriculture industrielle vise «principalement à contourner toutes les contraintes naturelles : la terre, le climat, etc.». La façon dont l’agriculture industrielle a d’exploiter la terre a engendré des dégâts environnementaux, des maladies, de grandes pertes de la biodiversité et un appauvrissement des connaissances liés aux territoires. En conséquence ce modèle a transformé les paysans en de simples exploitants agricoles, en provoquant progressivement l’exode rural, la diminution du nombre de paysans et par extension le chômage.

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Dans un second temps, Silvia rappelle que la lutte pour la « reconquête des territoires » est un enjeu qui nous concerne tous : paysans et urbains. L’accaparement des terres par les « industries extractives, l’urbanisation et d’autres mégaprojets industriels ont un impact immense sur la disponibilité des terres agricoles fertiles. En effet, Silvia Pérez-Vitoria nous fera remarquer qu’actuellement «dans le monde 75% de l’alimentation est produite par des paysans sur seulement 25% des terres agricoles». Elle ajoute que même si c’est de manière tardive, les dommages environnementaux et sociaux causés par l’agriculture conventionnelle, sont aujourd’hui reconnus par toute une série de rapports internationaux.

Ceci notamment grâce aux mouvements sociaux, aux luttes paysannes, aux collectifs, aux associations qui revendiquent des alternatives à ce modèle agricole. Ils nous montrent qu’une autre agriculture est possible, dans le respect et la préservation de la biodiversité ainsi que des savoirs faire paysans Cette autre agriculture valorise aussi des valeurs de solidarité et de proximité. Tout compte fait, redonner la priorité à l’agriculture paysanne c’est revoir notre choix de société.

En effet, l’agriculture conventionnelle propose un système qui sépare, qui spécialise et qui créé des dépendances. Ce qui engendre une économie où le client n’a pas d’autre relation à l’entreprise et à l’humain que l’achat. Tandis que l’agriculture paysanne c’est plutôt envisager la proximité, le partenariat et l’échange. Sur ce, Olivier Lavielle nous fait part de son expérience en AMAP, qui lui a permis de découvrir et d’adopter le concept de co-production : les uns (amapiens) s’engagent à acheter une part de la production saisonnière, les autres (paysans) s’engagent à cultiver des aliments de qualités, dans le respect des pratiques biologiques.

« Ensemble, il est possible de reconquérir une autre façon de cultiver la terre », nous incite-il à l’action. C’est une invitation à expérimenter d’avantage la notion de collectif ; en se conscientisant sur chacun de nos actes de consommateurs. Ces actes simples mais essentiels peuvent avoir une réelle répercussion dans l’évolution des pratiques agricoles et par conséquent amener un changement positif dans le monde dans lequel on vit.

Enfin, chacun peut participer à ces initiatives : en rejoignant les mouvements proposant des alternatives paysannes, les collectifs menant des luttes dans ce sens sur notre territoire, en créant ou en faisant parti d’une Amap, en soutenant les associations qui se mobilisent pour valoriser la place des paysans dans nos sociétés, qui veillent à préserver la qualité de leur savoir-faire et ainsi s’assurer de la qualité des aliments qui nous parviennent.
Il est aussi important, afin de préserver les paysans qui existent, de mesurer l’impact de nos actions quotidiennes mais aussi de penser collectivement contre l’agriculture industrielle. Cela à travers le suivi des politiques, qu’elles soient locales, européenne ou internationale (type TAFTA). De manière plus accessible, prendre connaissance de ces enjeux actuels c’est aussi aiguiser nos capacités créatives afin d’être porteurs d’initiatives et construire un monde couvrant nos besoins réels et fondamentaux.

3-SOL-sign

 

Pour aller plus loin :

> Cliquez ici, pour consulter la bibliographie

 

Pour vous engager auprès de SOL sur la reconquête des territoires

> En signant le pacte citoyen pour la Terre

> En soutenant le projet Microferme internationale

 

Pour en savoir plus sur :

> Les AMAP

> MIRAMAP

> Ligne d’horizon – Les amis de François Partant

En partenariat avec la Fondation Ekibio, nous proposons lors de nos Apéros thématiques
une dégustation de produits issus du commerce équitable, dans le respect d’une agriculture familiale et biologique.

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