Bilan de fin d’année sur le projet « Graines de l’Espoir »

La deuxième phase du projet «  Graines de l’Espoir », menée en partenariat avec l’organisation indienne Navdanya, a commencé en octobre 2015 avec pour objectif de développer l’autonomie économique, alimentaire et la résilience aux changements climatiques  pour les petites communautés paysannes de la vallée de Dehradun, en Uttarakhand, Inde du Nord. Un an après, voici un premier bilan des activités menées et des résultats atteints.

237 paysannes de 16 villages de la vallée de Dehradun en Inde du Nord formées à l’agroécologie et à la conservation des semences

 

  1. Renforcement de la résilience de 237 paysannes face au changement climatique :

S’inspirant des succès et des enseignements de la première phase du projet, la première année de cette nouvelle phase de développement du projet « Graines de l’Espoir » a tout d’abord permis d’intégrer 16 villages au projet (+7% par rapport à l’objectif initial) dont 237 femmes bénéficient actuellement du projet (+19% par rapport à l’objectif initial).

Ces 237 paysannes ont suivi des formations à l’agroécologie dans leurs villages ainsi qu’à la ferme expérimentale de Navdanya pour enrichir leurs techniques de culture et réapprendre à se passer des intrants chimiques, coûteux et dégradants pour l’environnement. Toutes ont été satisfaites de ces formations et ont commencé la mise en pratique dans leurs champs. Les 237 paysannes ont un jardin potager qui leur permet d’augmenter leur autonomie alimentaire et leur indépendance du marché. Le surplus est vendu aux autres paysans du village ou sur des marchés locaux. Enfin, elles ont toutes augmenté le nombre d’espèces qu’elles cultivent (au minimum 9 variétés par saison).

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Formation à la fabrication d’engrais biologique, Ferme de Navdanya, Dehradun

D’après l’évaluation annuelle réalisée avec 30 paysannes de 16 villages, 100% des paysannes cultivent leur production en utilisant les techniques agroécologiques et les semences distribuées en première année par Navdanya, elles ne dépendent plus du marché pour leurs achats d’intrants.

De plus, les 486 paysans du projet (95% de femmes) de la première phase du projet convertis à l’agriculture biologique continuent d’être appuyés par l’équipe locale et d’appliquer les techniques dans leurs champs et de développer leur autonomie alimentaire et leurs revenus.

  1. Formation de 67 gardiennes de semences et identification de 5 variétés particulièrement résilientes au changement climatique :

6 espèces végétales ont été choisies par Navdanya et les paysannes du projet pour être testées et multipliées à la ferme expérimentale et dans les champs des paysans pour voir leur résilience au climat local changeant : du riz (paddy), du blé, du ragi sans-titre-4(éleusine/ finger millet), du maïs, différentes légumineuses et légumes.

Plusieurs variétés de ces plantes ont été récoltées auprès des paysans et sont actuellement testées. Cette saison, du maïs, du millet, des lentilles, du riz, des citrouilles, des okra (ladyfinger), loofa (tori kali), et des haricots rouges ont été semées et récoltées par 33 gardiennes de semences et à la ferme de Navdanya. Les semences récoltées vont continuer à être testées et multipliées sur toute la durée du projet pour être distribuées au plus grand nombre.

De plus, 67 paysannes ont été sélectionnées et formées pour devenir gardiennes de semences. Toutes ont reçues des graines identifiées comme résilientes au changement climatique pour qu’elles les testent et les multiplient dans leurs champs. Pour cela, elles ont toutes été formées à la sélection, la conservation et la multiplication des semences. Ces formations seront répliquées en année 2 pour l’ensemble des gardiennes de semences.

Distribution de semences aux paysannes du projet

  1. Création de 10 groupes d’entraide pour 119 femmes et formations à la transformation alimentaire pour 46 paysannes :

46 femmes de 6 villages ont été formées à la transformation alimentaire à la ferme de Navdanya et sont à maintenant à même de cuisiner leurs propres pickles (légumes et fruits épicés marinés). Les paysannes de 11 villages (environ 222 femmes) ont également été formées dans leur village à la transformation alimentaire. Ces formations a la transformation alimentaire permettent aux paysannes dans un premier temps de diversifier l’utilisation et de conserver leur surplus mais également de réaliser des économies en fabricant ces produits chez elles plutôt qu’en se les procurant sur le marché. A terme, cela leur permet également d’avoir un produit de valeur à commercialiser pour augmenter leurs revenus.

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Formation à la transformation alimentaire (fabrication de pickles de mangue)

Additionellement, 119 femmes ont rejoint 10 groupes d’entraide dans 10 villages, elles ont été formées au suivi comptable et ont été reliés à la banque locale la plus proche. Elles ont commencé à économiser pour pouvoir commencer leur activité de prêt en 2017. 6 groupes d’entraide sont actuellement en cours de formation dans les 6 villages restant. Les 15 groupes d’entraide de la première phase continuent également d’être appuyés et tous fonctionnent bien.

Devant la forte demande des paysannes, un seizième village a rejoint le projet à la fin de la première année et  au total 237 paysannes ont pu rejoindre le projet dans les 16 villages (+18.5% par rapport à l’objectif initial).

L’appui au marketing de la production des paysannes commencera en deuxième année, une fois que celles-ci auront assez de surplus pour développer une activité de vente si elles le souhaitent.

  1. Diffusion d’information et sensibilisation à l’agroécologie et au changement climatique pour 243 enfants et plus de 10 000 personnes :

Jardins écoles :

5 jardins écoles ont été mis en place dans 5 villages du projet avec les élèves et les enseignants. Ils ont reçu des kits de semences, des outils et de l’engrais vert afin de créer le jardin. En tout, 243 enfants ont été sensibilisés aux questions de semences, d’agroécologie, de nutrition et de gestion des déchets.

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Jardin Ecole du projet Graines de l’Espoir

De plus, les 14 écoles de la première phase du projet continuent les activités de sensibilisation avec les élèves. Les 10 écoles qui ont un jardin continuent de l’entretenir avec les enfants.

Une des écoles de la première phase du projet a notamment demandé un agrandissement de sa surface de jardin afin de pouvoir développer cette activité avec les élèves !

Rallyes et festivals:

3 rallyes ont été organisés tout au long de l’année avec 3 écoles du projet afin de sensibiliser les élèves et les villages traversés de l’importance de la conservation des semences paysannes et de l’agroécologie face aux changements climatiques.

6 festivals ont de plus été organisés au fil de l’année et ont permis de sensibiliser plus de 10 000 personnes à l’agroécologie et à la protection des semences comme source d’autonomie et de résilience face aux changements climatiques. Au total, plus de 1000 kits de semences ont été distribués à des paysans des alentours lors de ces festivals.

  1. Valorisation du projet :

A l’occasion de la COP 22 qui se déroule en ce moment à Marrakech, le projet »Graines de L’Espoir » a été récompensé à deux occasions :

  • Le projet a été lauréat des 100 projets pour le climat, initiative de Ségolène Royal et du ministère de l’environnement français pour aider et valoriser 100 projets locaux de lutte contre le changement climatique portés par des citoyens, du monde entier.

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  • Graines de l’Espoir a de plus figuré dans la publication du prix Solutions Genre et Climat organisé WECF et la Women and Gender Constittuency (UNFCCC) pendant la COP22, grâce au soutien de l’Agence Francaise de Développement, de la Fondation RAJA-Danièle Marcovici et des Ministères des Affaires Etrangères français et néerlandais.

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Perspectives pour la deuxième année de projet :

Il s’agit pour la deuxième année de multiplier les formations pour continuer de former à la ferme expérimentale et dans les villages les 237 paysannes du projet suivant leurs besoins pour leur permettre une transition totale vers l’agroécologie et une autonomie la plus complète vis-à-vis du marché en terme d’intrant et d’achats de légumes et de céréales mais également de produits transformés. Un soutien au marketing et au développement d’activités génératrices de revenus sera apporté au maximum de paysannes qui génèrent d’ores et déjà un surplus. Une attention particulière sera mise sur les semences identifiées comme résilientes au changement climatiques et notamment sur les légumineuses particulièrement intéressantes d’un point de vue nutritionnel et agroécologique. Enfin, les campagnes de sensibilisations vont se poursuivre tout au long de la deuxième année de projet afin d’informer le plus grand nombre de l’importance de l’agroécologie et des semences paysannes dans l’adaptation au changement climatique.

Si cette première année a permis de créer une base solide pour le développement d’un plan de sécurité économique, alimentaire, et écologique durable pour les paysannes, il s’agit maintenant  notamment de multiplier les formations pour former un maximum de paysannes, de les soutenir dans la conversion totale de leur champs en agroécologie, de développer le soutien au marketing de leur production et de continuer à sensibiliser le plus grand nombre de personnes dans la zone du projet qui pourront à leur tour s’engager dans la transition agroécologique, source d’autonomie et de résilience pour les petites communautés paysannes.

 

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